L'enfant migré
Un petit bonhomme, le front contre la vitre d'une salle de classe vide, essaie de trouver un espace entre deux lattes de store pour voir l'intérieur de la pièce.
Il est 18 heures passées; il sait qu'il n'y a plus personne dans la classe depuis plusieurs heures, mais il tend le cou, il monte sur la pointe des pieds, il se tortille; il serait content juste de voir quelques bureaux et quelques chaises.
Au bout de cinq minutes, il renonce ou bien est satisfait de ce qu'il a vu, et s'écarte de la fenêtre.
Posément, il montre du doigt une porte, un couloir, un sol. C'est là que sa classe allait pour étudier l'histoire, ils passaient par ici pour aller au terrain de jeu, les tapis ont changé.
Il fait faire un tour de piste à ses souvenirs.
Sa maman l'attends, l'écoute, lui sourit.
Le petit homme marche lentement, les mains derrière le dos, comme pour se rappeler de rester détaché. Mais il cherche intensément des yeux tout ce qui pourrait lui être familier.
Cette impression de familiarité, c'est son petit luxe d'enfant toujours en migration, d'enfant migré.
Il est 18 heures passées; il sait qu'il n'y a plus personne dans la classe depuis plusieurs heures, mais il tend le cou, il monte sur la pointe des pieds, il se tortille; il serait content juste de voir quelques bureaux et quelques chaises.
Au bout de cinq minutes, il renonce ou bien est satisfait de ce qu'il a vu, et s'écarte de la fenêtre.
Posément, il montre du doigt une porte, un couloir, un sol. C'est là que sa classe allait pour étudier l'histoire, ils passaient par ici pour aller au terrain de jeu, les tapis ont changé.
Il fait faire un tour de piste à ses souvenirs.
Sa maman l'attends, l'écoute, lui sourit.
Le petit homme marche lentement, les mains derrière le dos, comme pour se rappeler de rester détaché. Mais il cherche intensément des yeux tout ce qui pourrait lui être familier.
Cette impression de familiarité, c'est son petit luxe d'enfant toujours en migration, d'enfant migré.

