25 mai 2007

Science infuse

Je n'ai absolument pas vu le rapport avec la choucroute, mais un midi, Xiao Di m'a demandé sans préambule:

-"Da jie, que penses-tu de Hitler?
- ?????? [...crrr...crrr....comprends pas la question...qu'est-ce que je pense d'un psychopathe? Ben qu'il est psychopathe...j'ai quand même pas besoin de leur dire que je trouve que c'était pas bien de tuer 6 millions d'hommes, femmes et enfants, si?...]
- Tu connais pas Hitler?
- ...euh....si, si, si. Un homme charmant, gentil comme tout. Ses actes de bienveillance sont réputés partout en Europe. Et puis, sur une note plus personnelle, je l'ai toujours trouvé à craquer avec sa petite moustache super cute."

Ben vous me croirez ou pas, mais mon ironie leur est complètement passé au-dessus de la tête.

Ils hochaient gentiment la tête, l'air concentré.

J'ai super galéré après pour récupérer le truc, tout le temps me traitant intérieurement d'idiote.

*Horrifiée* comme j'étais à l'idée que mes Xiao repartent avec la conviction que Hitler était un canon de beauté occidental. Beurk, quoi. Mussolini à la rigueur, mais Hitler, triple beurk.

Satin Pajama Awards

Mon p'tit blog a été nominé dans un concours sympa que je veux soutenir de tout coeur parce que ça rajoute une dimension de plus à la blogosphère et que donc c'est bien.

Alors si mes trois lecteurs, ma maman et mes soeurs veulent participer, c'est par .

Je suis effarée de combien peu de blogs je connais maintenant, mais je suis très contente de la longévité de ceux que je connaissais avant. Ce sont tous des blogs que j'appréciais.

Même que j'ai été en lire certains pour la première fois en plus d'un an et que ça m'a fait plaisir. Il ne me manque plus que Pierre Carion.

24 mai 2007

Xiao Di et Xiao Mei

Aucune idée si c'est la coutume, mais comme ils m'appellent 'da jie', sur ce blog, je les appelerai 'Xiao Di' (小弟, petit frère) et 'Xiao Mei' (小妹, petite soeur).

Ils étudient la géophysique et se préparent à un doctorat. Ils sont amoureux mais discrets dans leur affection, à la chinoise. Sinon, ils ressemblent à tous les couples d'étudiants que j'ai pu connaître, y compris celui que l'on formait avec Pasfou.
Suintant l'innocence, débordant de connaissances et d'opinions, baignant dans le plaisir d'avoir trouvé quelqu'un d'aussi intéressé par sa petite personne qu'on l'est soi-même. Parfois tâtonnants, parfois forçant comme des brutes, ils explorent et découvrent à travers leur couple, le reste de l'humanité.

J'aime beaucoup être leur grande soeur. D'abord parce que c'est agréable de voir des gens vraiment amoureux. Ça me rappelle que ce n'est vraiment pas si difficile que ça d'être amoureuse. Sûr, on peut se compliquer la vie, se faire des cinémas, vivre dans un soap opéra; mais en fait, ça ne m'intéresse pas spécialement les faux problèmes.

Ensuite parce que ça me permet d'informer la jeunesse chinoise qui a justement si peu accès à l'information. J'ai l'impression d'être utile, je suis consciente de l'importance de ma fonction: une source rare et précieuse de savoir non-biaisé.
Alors quelle satisfaction de les voir noter religieusement qu'il a été scientifiquement prouvé que les gens aux États Unis qui conduisent des tanks sur les routes (illustration d'un hummer à l'appui) sont des 'xiao yinjing de ren' ( 小阴茎的人, hommes avec un petit penis).
Comment ne pas être émue de la pertinence de leurs questions?

- "Vraiment???!!! Et Président Bush a-t-il un hummer?
- Oh oui! Président Bush en a des milliers!"

23 mai 2007

J'ai un grand frère

Dans ma classe, l'âge des étudiants varie de 18 ans à 40 et quelques.
L'aîné a été baptisé 'da ge' (大哥, grand frère) et tout le monde, y compris les profs, l'appelle ainsi. L'aînée, qui n'est pas moi - woohoo! - aurait également pu être surnommée 'da jie' (大姐, grande soeur).

C'est assez répandu comme coutume apparemment puisque la paire d'étudiants (d'une autre fac) avec qui je travaille mon chinois m'appellent 'da jie'.

Il ne me reste plus qu'à leur expliquer qu'autant en Chine, 'da jie' est une marque de respect, d'affection et tout et tout, et que ça me fait drôlement plaisir qu'ils m'appellent comme ça et que j'aimerai en profiter pour remercier ma maman, ma coiffeuse et tous les producteurs de cacao de la terre;

...autant 'old sister' ça ne me fait mais alors pas *du tout* le même effet.

22 mai 2007

Vocabulaire

Ma laoshi ( 老师, prof ) préférée m'a demandé l'autre jour lors d'une pause, pourquoi je suis en Chine avec trois enfants, et à force de discuter, je lui ai expliqué que mon qian fu (前夫, ex-mari ) travaillait à Pékin et qu'il était important, avec les enfants qu'ils puissent se voir quand ils veulent.

En général, j'aime pas trop dire ça parce que j'ai l'impression de passer pour un paillasson; or revenir à Pékin était mon choix et j'en suis contente.

Au moment de repartir en cours, elle m'a retenue et sur le ton de la confidence me dit: "Tu sais Pasfolle, il vaut mieux ne pas dire 'qian fu '. C'est pas bien comme mot. Dis plutôt 'haizi de baba' ( 孩子的爸爸, le papa des enfants)."

J'étais un peu embêtée parce que ça fait plus d'un an (17 mois pour être exact) que j'emploie ce terme et que si la traduction plus précise se revelait être 'fils de gueuse puant à qui j'ai ramassé les chaussettes pendant bien trop d'années', ben... j'en aurais pas fait le même usage, quoi.

Mais plus je lui demandais pourquoi c'est un mot à éviter, plus elle se contentait d'insister pour que je dise 'haizi de baba' ou même 'zhangfu'(丈夫, mari) plutôt que 'qian fu'.

Après enquête auprès d'amis chinois, il s'avère que ce n'est pas tant le mot qui pose problème mais le fait que je sois divorcée et que je ne fasse pas d'effort pour le cacher.

Je sais que cette prof m'aime bien et apparemment, elle voulait simplement m'éviter de subir le regard des Chinois qui pourraient mettre en doute la noblesse de mon nouvel état civil [les rustres!].
Même si les moeurs changent par ici et que les divorces ne sont pas si rares, il resterait une certaine pudeur à évoquer le sujet.

Pudeur que je n'ai aucune bonne raison de ne pas respecter.

Dès que je trouve comment dire 'donneur de spermatozoïdes'.

07 mai 2007

Jet-setters

On se balade avec Grande Blonde dans un mall. On est là à l'origine pour racheter ma p'tite crème (qui n'est plus Pasfou, pour ceux qui nous rejoignent avec un peu de retard :-) ) qui m'a été confisquée à l'aéroport.

En passant devant une boutique de produits de beauté je me souviens que je vais bientôt arriver au bout de ma p'tite poudre alors nous entrons dans la boutique tandis que je montre à Grande Blonde ce que je cherche.

-"Ah tiens, fait-elle, j'ai le même! Regarde!
- Ah oui! C'est marrant! Tu l'as acheté ici?
- Non, je l'ai acheté chez Harrods à Londres, cet été. Toi?
- Oh moi, je l'ai acheté chez Sephora à Paris."

Sur ce, on se regarde un moment puis on éclate d'un fou rire toutes les deux.
Parfois, c'est comme ça, on tombe dans la peau d'Ivana.